À la façade occidentale de l’abbatiale de Saint-Denis, ces trois tronçons étaient encastrés dans les piédroits, au plus près du visiteur qui entrait dans l’église. C’est sans doute ce qui explique le raffinement extraordinaire de leur décor sculpté, sans précédent en Île-de-France, mais aussi l’absence de toute polychromie : les jeux d’ombre et de lumière créés par la profondeur du relief, la virtuosité des ajours et les effets de la taille décorative devaient se suffire à eux-mêmes.
Les colonnettes auxquelles appartenaient ces morceaux ont été déposées sous la Révolution. Plus tard, lors du réaménagement intérieur de l’édifice, elles ont été coupées en deux, et transformées en montants de grilles d’autel. Les tronçons ont récemment été restaurés, ce qui permet d’apprécier pleinement la préciosité de leurs motifs : des rinceaux perlés d’où naissent des palmettes sont habités d’un bestiaire d’oiseaux ou de griffons affrontés au plumage détaillé, mais aussi de personnages nus superposés qui se combattent deux à deux.
Réalisés entre 1137 et 1140.
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