Feuillet enluminé, Nativité avec sainte Cécile, Cl. 23876 (détail) © GrandPalaisRmn / Michel Urtado
La Bible en images - Le Nouveau Testament
D’une église à l’autre, il est fréquent de retrouver les mêmes scènes dans les chapiteaux, les vitraux, les panneaux peints ou les retables. Elles sont codifiées pour mieux guider ceux qui les observent dans leur prière.
Elles ont d’ailleurs longtemps été perçues comme une sorte de Bible illustrée pour les fidèles. Pourtant, leur lecture nécessite souvent une culture religieuse savante, aujourd’hui comme hier et n’était donc sans doute pas à la portée de tous.
Ange et Vierge de l'Annonciation de Bois-Héroult, Cl. 23796 a et b © GrandPalaisRmn / Franck Raux
Scènes du Nouveau Testament
L’Annonciation
L’iconographie médiévale multiplie les scènes représentant le Christ, de sa naissance à sa mort puis sa résurrection. L’un des épisodes les plus courants est celui de l’Annonciation, au cours duquel l’ange Gabriel apparait à Marie. Il lui annonce qu’elle a été choisie par Dieu pour porter et enfanter le Fils de Dieu.
Dans ce groupe sculpté du XVe siècle, l’ange Gabriel, pieds nus, s’agenouille devant la Vierge Marie. Il reconnaît ainsi sa majesté. La Vierge, la main encore posée sur le livre devant elle, interrompt sa lecture ou sa prière pour se tourner vers l’ange. Son attitude exprime la surprise et l’écoute qu’elle porte à la parole de l’envoyé de Dieu.
Nativité, feuillet enluminé, Cl. 23970 © GrandPalaisRmn / Mathieu Rabeau
La Nativité
Dans l’iconographie chrétienne, la scène de la Nativité est très fréquente, comme dans ce feuillet enluminé. La Vierge Marie est reconnaissable à son manteau bleu ; Joseph, son mari, est un homme âgé à la barbe grise ou blanche. Ils entourent un bébé emmaillotté et couché dans une mangeoire.
Deux animaux sont traditionnellement présents : un âne et un bœuf, qui rappellent le contexte de cette naissance. Celle-ci intervient alors que la Vierge Marie et Joseph voyagent – la Vierge se déplaçant à dos d’âne. Faute de trouver une auberge à Bethléem, ils sont conduits dans une étable, d’où la présence du bœuf.
Plaque de l'Adoration des Mages, Cl. 956 b © GrandPalaisRmn / Jean-Gilles Berizzi
L'Adoration des mages
Peu après la naissance du Christ, les rois mages partent à la rencontre de ce bébé que les astres leur désignent comme le "roi des Juifs". Les représentations de l’Adoration des mages sont nombreuses au Moyen Âge, comme sur cette plaque émaillée.
Les rois Melchior, Balthazar et Gaspard sont en général richement vêtus et couronnés. Ils tiennent dans leurs mains les présents qu’ils apportent en hommage au Christ nouveau-né : de l’or, de la myrrhe et de l’encens. C’est cette scène que célèbre la fête de l’Épiphanie.
Retable du Saint-Sacrement d'Averbode, Cl. 240 (détail) © GrandPalaisRmn / Michel Urtado
La Semaine Sainte
Après les épisodes liés à sa naissance, les scènes qui conduisent à la mort puis à la Résurrection du Christ sont très présentes dans les collections du musée. Ce sont les événements de la Passion, qui débute avec l’entrée de Jésus-Christ à Jérusalem à dos d’âne. C’est l’épisode des Rameaux. Dans l’iconographie chrétienne, le Christ est représenté assis sur le dos d’un âne, bénissant de sa main droite, comme on peut le voir dans cette sculpture du XVe siècle.
Le dernier repas
Peu après, le Christ réunit ses apôtres pour partager son dernier repas. Avant de se mettre à table, il leur lave les pieds. C’est la scène du Lavement des pieds, représentée par exemple sur cette broderie : le Christ est agenouillé face à un récipient rempli d’eau tandis que les apôtres sont assis sur des chaises.
Puis vient l’épisode du repas lui-même, qu’on appelle la Cène. Jésus-Christ est placé au centre d’une table, de face, et les apôtres sont répartis à ses côtés. Saint Jean, le visage juvénile et les cheveux mi-longs et bouclés, est penché vers le Christ comme dans ce retable.
Au centre de la table se trouvent du pain et du vin que le Christ désigne comme étant son corps et son sang. Cet épisode est commémoré pendant la messe au moment de l’Eucharistie.
Retable de la Passion de Kalkar, Cl. 3269 (détail) © GrandPalaisRmn / Michel Urtado
Au Mont des Oliviers
Après le repas, Jésus-Christ part avec trois apôtres pour prier au Mont des Oliviers, en sachant que le moment de son arrestation est proche. L’épisode montre le Christ agenouillé, les mains jointes et le regard tourné vers le ciel. Les apôtres sont représentés endormis, dans un paysage rocheux.
Ils sont alors rejoints par des soldats romains, venus pour arrêter Jésus et conduits par Judas. Ce dernier désigne Jésus en lui donnant un baiser. C’est ce moment qui est souvent représenté dans l’art médiéval, par exemple dans le retable de la Passion de Kalkar. On voit Judas enlacer le Christ.
Vitrail, Le Portement de Croix, Cl. 22391 © GrandPalaisRmn / Jean-Gilles Berizzi
La mort du Christ
Le Christ est arrêté et subit différents outrages, jusqu’à sa Crucifixion et sa mort le Vendredi Saint.
Toutes les étapes de la Passion sont abondamment représentées dans l’art chrétien. L’épisode de la Flagellation montre des soldats romains flageller le Christ alors qu’il est presque nu et attaché par une corde à un pilier. Le Couronnement d’épines est le moment où les soldats lui placent par dérision sur la tête une couronne de ronces épineuses, en l’appelant "roi des Juifs".
Puis, le Christ doit porter jusqu’au Mont Golgotha la croix sur laquelle il va être crucifié. Le Portement de croix est par exemple figuré sur ce panneau de vitrail. Jésus est vêtu d’une longue tunique et porte la couronne d’épines. Il est encadré par des soldats armés.
Crucifixion provenant de Sauvagnat, Cl. 3413 © GrandPalaisRmn / Franck Raux
La Crucifixion et la Descente de croix
La Crucifixion est l’ultime souffrance qu’endure Jésus-Christ pendant sa Passion, la plus représentée dans l’iconographie médiévale. On le voit, par exemple sur ce panneau peint, cloué à la croix par les mains et les pieds et les bras écartés. Il saigne du côté à la suite d’un coup de lance asséné par un soldat romain. Son corps est affaissé, sa tête inclinée. Il est vêtu d’un simple linge qui entoure ses hanches, nommé le "perizonium".
La Vierge Marie et saint Jean sont toujours présents de part et d’autre de la Croix. Parfois, d’autres personnages sont représentés comme sainte Marie-Madeleine au pied de la croix, des disciples de Jésus-Christ, des soldats romains ou encore les deux larrons crucifiés de part et d’autre du Christ.
Quelques heures après sa crucifixion, Jésus expire et son corps est enlevé de la croix. C’est la scène de la Descente de Croix, ou Déposition. Joseph d’Arimathie tient le corps du Christ, avec l’aide de Nicodème qui retire les clous. On reconnaît cette scène dans ce triptyque.
Bien que cela ne soit pas raconté dans les quatre évangiles, la Vierge est souvent représentée recevant dans ses bras le corps de son fils mort. C’est ce qu’on appelle une Vierge de pitié, ou Pietà dans le contexte italien. Lorsqu’elle est accompagnée de saint Jean et d’autres figures comme Marie-Madeleine, on parle plutôt de Déploration.
Les mêmes personnages se retrouvent dans la scène de la Mise au tombeau, où le corps du Christ est allongé sur un linceul (drap dans lequel on ensevelit un mort) et déposé sur une pierre. Il est tenu par Nicodème (aux pieds) et Joseph d'Arimathie (à la tête du Christ). La Vierge, saint Jean et une ou plusieurs saintes femmes en prières, parfois des soldats, assistent à la scène.
Mitre peinte de la Sainte-Chapelle, Cl. 12924 © GrandPalaisRmn / Michel Urtado
La Résurrection du Christ et sa révélation
La Résurrection du Christ n’est pas à proprement parler décrite dans les Évangiles, mais seulement évoquée à partir de témoignages (les saintes femmes et les disciples au tombeau vide, les manifestations post mortem du Christ à ses disciples).
Malgré ce silence des textes, la Résurrection est fréquemment représentée dans l’iconographie médiévale. Le Christ ressuscité apparaît debout dans la tombe ouverte, passant une jambe par-dessus la pierre pour en sortir.
Il est vêtu de son "perizonium" et de son linceul, porté en toge ou en drapé autour de son torse. Dans sa main gauche, il tient un long bâton dont le bout se termine en croix. De sa main droite, il fait un geste de bénédiction. Il est nimbé ou auréolé, symbole de sa sainteté et de sa gloire.
Trois ou quatre soldats romains sont assis au pied de la tombe et dorment. On retrouve cette scène sur la mitre de la Sainte-Chapelle, en pendant de la scène de la Mise au tombeau.
La Christ apparaît alors à plusieurs de ses disciples, avant son Ascension. C’est le moment où il monte au ciel avec son corps et son âme. Dans ce feuillet du lectionnaire de Cluny, il est figuré debout dans une mandorle, entouré d’anges. Les apôtres et la Vierge sont en-dessous et le regardent s’élever. Le Christ les bénit de la main droite.
Après avoir assisté à ces faits miraculeux, les apôtres sont chargés de parcourir le monde pour porter la nouvelle de la Résurrection et convertir les peuples à la religion chrétienne. Au moment de la Pentecôte, le Saint-Esprit descend sur eux pour leur permettre de parler toutes les langues. Les artistes représentent le Saint-Esprit sous la forme d’une colombe qui, du haut du ciel, envoie un rayon de lumière sur chacun des apôtres. Sur le retable de la Pentecôte, les sept colonnes sont également une référence au Saint-Esprit. Plus précisément, elles évoquent les sept dons de l’Esprit : la sagesse, l’intelligence, la science, la force, le conseil, la piété et la crainte.
Peu après, la Vierge elle aussi monte au Ciel. C’est l’Assomption. Sur le panneau central de ce triptyque, elle est représentée dans une mandorle qui s’élève grâce à des anges qui la portent.