Ces curieux objets en forme d’animal ou de buste de jeune homme datent du XIVe siècle et proviennent d’Allemagne. Ils sont en laiton (alliage de cuivre et de zinc). Ce sont des "aquamaniles". Du latin "aqua" (qui signifie "eau") et "manus" (qui veut dire "main"), il s’agit de récipients pour se laver les mains. Ils comportent un orifice sculpté pour être remplis d’eau et un robinet par où elle s’écoule.
Au Moyen Âge, ces objets peuvent être utilisés aussi bien dans un contexte religieux que profane. Ils permettent de laver les mains du prêtre pendant la messe. Lorsqu’un seigneur recevait un hôte, il pouvait l’inviter à se laver les mains en manière d’acceptation de ses coutumes. Dans tous les cas, l’eau du lavement est recueillie dans un bassin.
Cet usage, bien connu depuis l’Antiquité, répond à un besoin hygiénique. Mais il revêt davantage une forte valeur de purification. Présent dans toute la société médiévale, dans les sphères religieuse comme civile, tant chrétienne que juive ou islamique, il permet une ablution symbolique.
Les aquamaniles sont ainsi présents dans toute l’Europe médiévale. Composés de céramique, d’alliages cuivreux ou de métal précieux, ces récipients présentent une diversité de formes témoignant de la créativité de leurs concepteurs.
Par exemple, l’aquamanile en forme de licorne prend l’apparence d’une créature fantastique au corps de cheval, aux sabots de chèvre, et à la corne torsadée à l’image d’une dent de narval. À cela s’ajoutent d’autres décors zoomorphes. L’anse est formée d’un dragon situé sur le dos de la licorne (comme pour le cheval). Le robinet est orné d’un chien. Le goulot est constitué d’une langue jaillissant d’une tête de monstre.
Les aquamaniles prennent souvent la forme d’animaux réels ou imaginaires : des chiens, des lions, des centaures, des sirènes… D’autres exemplaires prennent quant à eux figure humaine, comme le buste de jeune homme présenté ici.