Chapiteau de Saint-Germain-des-Prés, Cl. 18612 © GrandPalaisRmn / Gérard Blot
Chapiteau de Saint-Germain-des-Prés, Cl. 18615 © GrandPalaisRmn / Gérard Blot
Chapiteaux de Saint-Germain-des-Prés
Le Christ en majesté, Daniel dans la fosse aux lions, chapiteau à décor d'entrelacs, chapiteau à décor végétal
Notice
Ces chapiteaux en calcaire datent du début du XIe siècle. Ils appartiennent à l'un des plus importants ensembles sculptés du début de l'époque romane encore conservés.
Ils proviennent de l’ancienne abbatiale Saint-Germain-des-Prés (Paris). Au Moyen Âge, cette abbaye, de fondation royale, est l’une des plus importantes de la ville. Son église a été reconstruite dans les années 1020-1030, au tout début de l’époque romane. C’est dans la nef de cet édifice que prenaient place les chapiteaux conservés au musée de Cluny.
Ils sont attribuables à trois sculpteurs.
Un premier est spécialisé dans le décor végétal. Il a réalisé les chapiteaux à palmettes et longues feuilles cannelées. Leurs décors stylisés s'inspirent de ceux des chapiteaux corinthiens antiques (feuilles d'acanthe, rinceaux végétaux).
Quant aux deux autres sculpteurs, ils se sont partagé l’exécution des chapiteaux historiés, c’est-à-dire représentant des personnages insérés dans une narration. Plusieurs thèmes bibliques sont ainsi illustrés : Samson combattant un lion ou encore le prophète Daniel dans la fosse aux lions.
L’un des chapiteaux présente le Christ en majesté. Assis sur un trône, il s’inscrit dans une mandorle, une figure géométrique en forme d’amande qui symbolise sa gloire. Il s’agit d’un motif iconographique très important dans l’art roman. De sa main gauche, il tient un livre ouvert, certainement les Évangiles. De sa main droite, il fait le geste de bénédiction et tient entre ses doigts un petit disque. Il pourrait s’agir de l’orbe terrestre, une façon de signifier que Dieu est souverain de l’univers. Mais on peut aussi l’interpréter comme une hostie, ce morceau de pain qui incarne le corps du Christ.
En effet, en ce début du XIe siècle, une controverse concernant le sacrement de l’Eucharistie agite les cercles de théologiens. Ce sacrement est contesté en 1022 par des théologiens à Orléans. Ces derniers prétendent que l’hostie consacrée n’est pas le vrai corps du Christ. Le choix de ce thème de l’Eucharistie pour les chapiteaux de Saint-Germain-des-Prés pourrait être une réponse à cette querelle. Ceux-ci contribuent à défendre ce sacrement et à réaffirmer la pensée de l’Église.
Certains chapiteaux sont difficilement lisibles. Leur dégradation a été causée par la transformation de l’église en fabrique de salpêtre lors de la Révolution française. C’est pourquoi, après un important chantier de restauration mené dans les années 1820, ils ont été déposés au musée de Cluny et remplacés par des copies sur le site.
Chapiteau n°1
| N° d'inventaire | Cl. 18612 |
|---|---|
| Largeur | 76 cm |
| Hauteur | 69,5 cm |
| Profondeur | 44 cm |
| Lieu de destination | Église abbatiale de Saint-Germain-des-Prés |
| Matières et techniques | Sculpture |
| Mode d’acquisition | Attribué au musée en 1843 |
Chapiteau n°2
| N° d'inventaire | Cl. 18615 |
|---|---|
| Largeur | 67 cm |
| Hauteur | 69 cm |
| Profondeur | 44,5 cm |
| Lieu de destination | Église abbatiale de Saint-Germain-des-Prés |
| Matières et techniques | Sculpture |
| Mode d’acquisition | Attribué au musée en 1843 |
Chapiteau n°3
| N° d'inventaire | Cl. 18616 |
|---|---|
| Largeur | 62 cm |
| Hauteur | 79 cm |
| Profondeur | 42 cm |
| Lieu de destination | Église abbatiale de Saint-Germain-des-Prés |
| Matières et techniques | Sculpture |
| Mode d’acquisition | Attribué au musée en 1843 |
Chapiteau n°4
| N° d'inventaire | Cl. 18617 |
|---|---|
| Lieu de destination | Église abbatiale de Saint-Germain-des-Prés |
| Matières et techniques | Sculpture |
| Mode d’acquisition | Attribué au musée en 1843 |