Salle 13, L’art français du début du XVe siècle : un art "international"
© Alexis Paoli / OPPIC
Des collections venues d'ailleurs
Trinité aux chanoines, Mu 1261 (ENSBA) © Beaux-Arts de Paris, Dist. GrandPalaisRmn / image Beaux-arts de Paris
La Trinité aux chanoines du Maître de Dunois
Le musée accueille depuis juillet 2024 une peinture sur bois des collections de Beaux-Arts Paris : la Trinité aux chanoines du Maître de Dunois, peinte pour la cathédrale Notre-Dame de Paris vers 1440.
Il reste peu de panneaux peints sur bois parisiens de la 1ère moitié du XVe siècle. La Trinité aux chanoines vient rejoindre une autre peinture sur bois, La famille Jouvenel des Ursins, réalisée entre 1445 et 1449 et déposée par le musée du Louvre au musée de Cluny en 1985.
Ces deux panneaux contemporains se sont croisés à plusieurs reprises dans leur histoire. Initialement destinés à Notre-Dame de Paris, ils rejoignent à la Révolution française le musée des Monuments français. En 1816, le musée ferme et le couvent des Petits-Augustins, qui l'accueillait, devient l'École des Beaux-Arts. Tandis que le panneau des Jouvenel des Ursins part au Louvre, La Trinité aux chanoines reste sur place. À l'issue d'une importante restauration menée entre 2021 et 2023, l'École nationale supérieure des Beaux-Arts (Beaux-Arts Paris) a consenti au dépôt du panneau au musée de Cluny en juillet 2024.
Le panneau de La Trinité aux chanoines est désormais présenté dans la salle 13 dédiée à l'art français du début du XVe siècle.
Miracle de l'enfant d'Ambazac © Musée de Cluny - musée national du Moyen Âge
Le Miracle de l'enfant d'Ambazac
Depuis octobre 2025, le musée accueille un exceptionnel groupe d’applique en cuivre repoussé et doré. Propriété de la fondation Jacquemart-André – Institut de France, cette œuvre est habituellement présentée au domaine de Chaalis. Pendant les travaux de modernisation du domaine, prévus pour durer deux ans, elle vient enrichir l’importante collection d’œuvre de Limoges du musée.
Provenant de l’abbaye de Grandmont, le relief était sans doute destiné à orner une châsse reliquaire. Il représente un épisode de la vie du fondateur de l’abbaye, saint Étienne de Muret : la résurrection de l’enfant d’Ambazac.
Cette pièce de grande dimension (36x26 cm) est datée vers 1250-1270. Elle illustre la production d’orfèvrerie limousine non émaillée du XIIIe siècle. Elle est exposée jusqu’en 2027 dans la salle 6 du musée, consacrée à l’œuvre de Limoges, aux côtés de deux reliefs de style proche : une "Cène" et une "Flagellation".
Cette œuvre est prêtée par le Domaine de Chaalis pour son projet "Chaalis hors-les-murs", le temps d’un vaste chantier de rénovation du château-musée.
Calvaire avec saint François d’Assise © Carole Bell / Ville de Troyes
Deux exceptionnels panneaux peints du musée Saint-Loup de Troyes
Le musée des Beaux-Arts et d’Archéologie de Troyes prête au musée de Cluny deux panneaux peints attribués à des artistes majeurs de la fin du Moyen Âge. Ces peintures seront présentées à partir du 20 janvier 2026 et jusqu’au 30 mars 2029 dans les salles 11 et 14 du parcours permanent.
La première est un Calvaire peint vers 1320 et attribué à l’atelier de Giotto. La grande expressivité de la scène et la délicatesse de traitement du corps du Christ témoignent des innovations du maître italien. Elles renforcent le caractère dramatique de la représentation. Au pied de la croix, les yeux tournés vers le Christ, se trouve saint François d’Assise, qui fut le premier saint reconnu par l’Église à recevoir les stigmates, marques des plaies de la crucifixion. Le prêt de cette œuvre vient compléter la salle 11, dédiée à l’art italien des XIIIe et XIVe siècles.
Daté vers 1410, le second panneau peint pourrait être une œuvre de jeunesse d’Henri Bellechose. Le traitement délicat du voile transparent sur les hanches du Christ et la physionomie des personnages font en effet écho au travail de celui qui deviendra peintre officiel du duc de Bourgogne. La présentation au premier plan du corps du Christ descendu de la croix est caractéristique de la dévotion moderne, qui met au premier plan la méditation sur les thèmes de la Passion. Dans le même temps, le travail au poinçon du fond d’or, la préciosité des pigments et l’élégance de la composition témoignent d’un travail particulièrement raffiné. Installé en salle 14, le panneau vient dialoguer avec d’autres œuvres caractéristiques de la dévotion moderne comme la Piétà de Tarascon.
Si vous voulez en savoir plus sur nos collections, vous pouvez prendre rendez-vous auprès du centre de documentation du musée.