Olifant dit de Charlemagne, Cl. 13065 © GrandPalaisRmn / Michel Urtado
Olifant dit de Charlemagne, Cl. 13065 © GrandPalaisRmn / Michel Urtado
Olifant dit de Charlemagne, Cl. 13065 © GrandPalaisRmn / Michel Urtado
Olifant dit de Charlemagne, Cl. 13065 (détail) © GrandPalaisRmn / Michel Urtado
Olifant dit de Charlemagne, Cl. 13065 (détail) © GrandPalaisRmn / Michel Urtado
Olifant dit de Charlemagne, Cl. 13065 © GrandPalaisRmn / Michel Urtado
Olifant
Notice
Retrouvez l’œuvre dans un parcours de visite
Cet objet est un cor que les hommes du Moyen Âge sonnaient à la chasse ou à la guerre. Son nom, olifant, indique qu'il était taillé dans une défense d’éléphant. Il a été réalisé au XIe siècle. Au Moyen Âge, les olifants sont souvent associés à des faits légendaires, comme la mort du héros dans la Chanson de Roland. Dans cette légende, l’armée de Charlemagne est attaquée à Roncevaux. Le chevalier Roland donne l’alerte en soufflant dans son olifant jusqu’à y laisser la vie.
Cet olifant est sculpté de motifs d’inspiration orientale sur les bandeaux. Au centre se déploie une iconographie chrétienne et deux scènes se superposent sur la partie concave.
La scène centrale représente le Christ trônant dans une mandorle. De sa main droite, il bénit les hommes et de la gauche, il tient une croix, symbole de son sacrifice. De part et d’autre du Christ, des anges en vol tiennent la mandorle et l’élèvent vers le ciel. Cette scène représente l’Ascension, le moment où le Christ monte au ciel après avoir ressuscité.
La scène située en dessous figure sous une arcade la Vierge Marie, les bras tendus. Elle est tournée vers son fils dans une attitude d’orante. Elle est entourée de deux archanges qui se distinguent des autres anges par la taille de leurs ailes, si grandes qu’elles touchent terre.
Sur la face opposée, au sommet, la main de Dieu est pointée vers les quatre évangélistes. Ceux-ci apparaissent sous leur forme d’un tétramorphe. De haut en bas, on peut reconnaitre l’aigle de Jean, le lion de Marc, le taureau de Luc, l’ange ou l’homme ailé de Jean. Ils tiennent tous les quatre un livre en main : les quatre Évangiles formant le Nouveau Testament. De part et d’autre des évangélistes, des figures de saints en buste sont représentées.
L’influence de l’art byzantin transparaît par l'iconographie des saints dans leurs encadrements et par la figure de la Vierge en orante. Cette iconographie chrétienne est atypique pour un olifant. Il semblerait qu'elle ait été apportée dans un second temps, sur un cor comportant les bandes décoratives aux motifs animaliers et géométriques habituels dans ce corpus.
Les olifants en défense d’éléphant étaient rares au Moyen Âge, en raison de leur origine exotique et du caractère précieux de leur matériau. De ce fait, certains d’entre eux ont été remployés comme reliquaires, voire considérés comme de véritables reliques. Ainsi, ils rejoignaient parfois les trésors d’églises.
C’est le cas de cet olifant, surnommé "cor de Charlemagne", qui provient de l’abbaye Saint-Arnoul de Metz. Cette abbaye abritait une nécropole carolingienne et conservait de nombreux objets liés à la mémoire de cette dynastie.
Selon une légende qui a perduré jusqu’au XIXe siècle, cet instrument aurait servi au roi carolingien dans ses activités de chasse. Mais sa datation oblige à réfuter cette hypothèse. Réalisé vers la fin du XIe siècle, il provient peut-être d’un atelier situé en Campanie, région du sud de l’Italie spécialisée dans la production de coffrets, de pyxides, de pièces d’échec et d’olifants en ivoire.
| N° d'inventaire | Cl. 13065 |
|---|---|
| Largeur | 64 cm |
| Profondeur | 12,2 cm |
| Lieu de destination | Trésor de l’église Saint-Arnoul de Metz |
| Matières et techniques | Ivoire ; Sculpture |