Étudier et restaurer les collections

Participer à la connaissance sur le Moyen Âge
Les équipes scientifiques du musée contribuent au progrès de la connaissance sur la production artistique et la période médiévales. Elles étudient et analysent les collections, en lien avec les autres collections muséales et dans une logique pluridisciplinaire. Les campagnes annuelles de restauration participent également à améliorer la connaissance sur les œuvres.

La Dame à la licorne, La Vue, Cl. 10836 (détail) © GrandPalaisRmn / Michel Urtado

Étudier les collections

En 2025, la thèse de Pauline Claisse, doctorante (et désormais docteure) en physique des archéomatériaux à l’université Bordeaux Montaigne au sein d’Archéosciences Bordeaux et en codirection avec le Laboratoire des Monuments Historique, a ainsi amélioré notre compréhension des couleurs des tapisseries de la Dame à la licorne

Grâce aux signatures spectrales propres à chaque matériau, elle a pu analyser les colorants sans prélever de fibres, notamment ceux employés dans les parties basses, retissées à la fin du XIXe siècle. La technique du chiné, qui emploie plusieurs fils de couleurs différentes pour créer l’illusion d’une teinte unique a été utilisée par le restaurateur à l’aide de laines teintes avec des colorants majoritairement d’origine naturelle fournis par la Manufacture nationale des Gobelins. Cela explique en partie pourquoi les couleurs de ces zones retissées apparaissent aujourd’hui plus pâles. Une recherche spécifique a également été menée sur le vieillissement et la dégradation de l’orseille, un colorant naturel tirant sur le rose. Ce dernier, associé à un colorant bleu (indigo ou pastel) aurait été utilisé en particulier pour la jupe de la dame de la tapisserie La Vue, mais n’est plus du tout perceptible aujourd’hui.

Restauration d'un vitrail en 2021 © Musée de Cluny - musée national du Moyen Âge

Restaurer les œuvres

Pour permettre leur transmission aux générations futures, les œuvres ont parfois besoin d’être restaurées. Des campagnes annuelles de restauration sont menées en fonction des urgences et des sujets de recherche en cours. Cette étape importante dans la vie d’une œuvre est souvent l’occasion de la réétudier à l’aide de moyens modernes et de faire avancer la connaissance. 

En 2023-2024, plusieurs éléments sculptés provenant de la cathédrale Notre-Dame de Paris et conservés au musée de Cluny ont été restaurés. L’observation attentive des sculptures, leur analyse et les interventions menées ont permis de révéler des éléments de polychromie. Cela confirme que ces sculptures étaient peintes. Surtout, l’analyse de ces fragments colorés nous donne une idée plus précise du spectacle qu’offraient ces œuvres à l’époque médiévale. 

De même, un fragment considéré jusque là comme une Tête de Vertu a vu son identité remise en question par la restauration. Les analyses ont révélé des traces de ruissellement d’eau de pluie sur sa joue et des lacunes sur le haut de sa chevelure. Ces indices montrent que la sculpture était sans aucun doute exposée aux intempéries. Et ils ont aidé à localiser son emplacement d’origine sur la façade de la cathédrale : cette tête était probablement celle d’un des anges situés dans les parties hautes du portail nord du transept. 

Ces recherches menées par les équipes de conservation du musée ont vocation à être présentées au grand public, notamment dans des expositions temporaires ou des conférences.

Saint Jacques en pèlerin, RFR 2 (détail) © GrandPalaisRmn / Tony Querrec

La recherche de provenance

Un des axes majeurs de recherche dans les musées tient aujourd’hui aux enjeux de provenance. Il s’agit de documenter l’histoire d’une œuvre, de tracer ses différents propriétaires, pour éclairer son parcours et ses usages successifs. Cette étude participe aussi à mieux comprendre d’éventuelles altérations ou modifications. 

Tout changement de propriétaire dans la période 1933-1945 fait l’objet d’attentions particulières. Cela permet de s’assurer que l’objet n’a pas été spolié à une famille juive pendant la Seconde Guerre mondiale. 

Une œuvre MNR en attente de restitution

Le musée de Cluny abrite une œuvre spoliée dont les propriétaires légitimes n’ont pas encore été identifiés. Il s’agit d’une œuvre MNR : Musées Nationaux Récupération. Une page dédiée présente en détail cette sculpture.

Cette sculpture de saint Jacques en pèlerin a été récupérée à la fin de la Seconde Guerre mondiale et déposée au musée de Cluny quelques années plus tard. Elle a vocation à être restituée à ses propriétaires quand ceux-ci auront été retrouvés.