Mon Seul Désir, un hommage à la Dame à la licorne

Mardi 13 octobre de 18h30 à 21h, le créateur Sylvio Giardina dévoile sa nouvelle collection inspirée de la Dame à la licorne au public romain.

Détail d'une veste blanche avec tressage textile noir. Vue du col et d'une épaule.

Détail d'une robe de la collection "Mon Seul Désir" de Sylvio Giardina (2026) © Alineri Tania

Le créateur italien Sylvio Giardina expose sa dernière collection à l'église de la Trinité-des-Monts à Rome. Intitulée "Mon Seul Désir", cette collection hommage aux tapisseries de la Dame à la licorne est née d'une collaboration avec le musée de Cluny. Elle sera présentée le 13 octobre 2026 de 18h30 à 21h en plein cœur de la capitale italienne, dans un site exceptionnel, l'une des cinq églises française de Rome.

Le titre "Mon Seul Désir" fait écho à la devise de la sixième tapisserie de la Dame à la licorne comme symbole du passage du désir à la conscience. Ici, le désir n'est pas conçu comme une émotion mais comme un processus de transformation où matière, geste et perception se rencontrent. 

La matière au cœur de la création

Le projet de Sylvio Giardina s'attache à la maîtrise du tissage et à sa capacité à faire naître, du fil, la matière, la profondeur et l'illusion visuelle. la technique du tressage textile constitue ainsi le point de départ de la recherche : rendre perceptibles la légèreté et la transparence à travers des matières denses, transformer la surface en un espace tridimensionnel. 

Les tapisseries sont abordées dans leur dimension plastique, presque sculpturale, donnant naissance à une réflexion sur la manipulation des étoffes de couture afin de construire le volume, la profondeur et la stratification des matières. 

La construction des pièces repose sur des matières emblématiques de la couture : mikado, duchesse, tuile, crin, dentelle et velours. Associées, elles créent un dialogue entre poids, transparence et structure. Chaque pièce est enrichie d'un travail de plissage entièrement réalisé à la main, devenu l'une des signatures de la collection. 

Vue d'une salle du musée avec, à l'arrière-plan, une robe blanche posée sur un mannequin

Robe de la collection "Mon Seul Désir" de Sylvio Giardina (2026) © Alineri Tania

La technique du millefleurs occupe une place centrale dans cette recherche et devient une véritable grammaire visuelle. Le motif floral dépasse sa fonction ornementale pour devenir un principe de composition, réinterprété et décliné sous de multiples formes tout au long de la collection.

Sylvio Giardina revisite également les bijoux représentés dans les tapisseries médiévales en les transformant en éléments de couture. Colliers et parures deviennent des architectures suspendues. Certains s'intègrent directement aux silhouettes, tandis que d'autres se métamorphosent en fragments de matière déposés sur des surfaces transparentes. 

Le musée, dispositif de création

La performance proposée par Sylvio Giardina a été pensée comme un parcours en deux temps. La présentation à l'église de la Trinité-des-Monts fait suite à une première installation, organisée au musée de Cluny en juillet 2026 lors de la Paris Fashion Week. 

Cette collaboration entre le musée et un créateur de mode permet d'envisager le patrimoine comme une matière vivante, capable de générer de nouveaux imaginaires. Dans ce dialogue entre Moyen Âge et création contemporaine, le musée n'est plus seulement un lieu de conservation ; il devient un véritable dispositif de création. 

Robe crème posée sur un mannequin dans une salle du musée

Robe de la collection "Mon Seul Désir" de Sylvio Giardina (2026) © Alineri Tania

Sylvio Giardina

Sylvio Giardina est un créateur d'origine sicilienne né à Paris. Formé à l'Accademia di Costume e di Moda de Rome, il débute son parcours professionnel au sein de la maison Fernanda Gattinoni, où il acquiert une formation directe à l'art de la Haute Couture. Il est l'un des fondateurs de la marque Grimaldi Giardina avant de lancer sa maison éponyme, à travers laquelle il développe un univers où se rencontrent savoir-faire sartorial, innovation et expérimentation de la matière, dans un dialogue constant avec les langages des arts visuels Sa démarche repose sur une exploration continue de la matière textile comme langage de création, où textures, constructions et ornements se superposent et se transforment en éléments narratifs. Cette recherche établit un équilibre constant entre l'héritage de la Haute Couture italienne et une approche contemporaine, donnant forme à une vision qui s'étend au concept de demi-couture.

Pour Sylvio Giardina, l'art et la mode ne constituent pas deux domaines distincts, mais deux langages complémentaires se référencant en permanence. Le corps devient une surface d'interprétation, tandis que le vêtement s'affirme comme un espace à la fois conceptuel et sartorial. La matière, dans cette approche, est le véritable outil d'expression : textures, volumes et détails deviennent les vecteurs d'une narration.

Au fil des années, Sylvio Giardina a développé une pratique qui intègre naturellement l'installation, la performance et les arts visuels, envisagés non comme de simples formats d'exposition, mais comme le prolongement du processus créatif.