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> Actualités > Hommage à Alain Erlande-Brandenburg

Le musée de Cluny rend hommage à la mémoire et à l’action d’Alain Erlande-Brandenburg, conservateur puis directeur de notre institution de 1979 à 1986 et de 1991 à 1994, décédé le 6 juin 2020.

Le Musée de Cluny a eu l’insigne honneur de bénéficier de son expertise dans le domaine de la sculpture médiévale française, où son œil et ses connaissances eurent tôt fait de le placer parmi les plus éminents spécialistes de sa génération.
Il joua un rôle essentiel dans la redécouverte des consoles de la chapelle de Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle, de l'Adam de Notre-Dame de Paris, du visage du gisant de Jeanne de Toulouse, des sculptures de la priorale Saint-Louis de Poissy, dont il fit entrer au musée trois pièces importantes, une tête d’ange (Cl. 23246) en 1985, la statue d’un ange soufflant dans une trompette (Cl. 23292) en 1987 et la statue acéphale de Pierre d’Alençon (Cl. 23408) en 1991.
Grâce à lui, les collections du musée s’enrichirent de deux têtes des statues-colonnes de la façade occidentale de l’abbaye de Saint-Denis (Cl. 23250 et Cl. 23415), la troisième (Cl. 23312) étant entrée sous la direction de Fabienne Joubert. 

D’importantes acquisitions dans d’autres domaines artistiques doivent être ici saluées, comme le tableau-reliquaire de sainte Geneviève (Cl. 23314), magnifique exemple d’email en basse-taille du dernier quart du XIVe siècle ou le panneau peint de la Présentation au Temple (Cl. 23414), exécuté à la fin du XVe siècle dans le nord de la France, élément provenant sans doute d’un retable consacré à la vie de la Vierge, dont le musée de Cluny conservait déjà un autre panneau du Miracle de la Verge fleurie (Cl. 827), issu de la collection d’Alexandre Du Sommerard.

Habile et redoutable négociateur, il sut défendre l’entrée dans les collections du musée des 300 éléments sculptés provenant de Notre-Dame, découverts en 1977 dans les sous-sols de la Banque française du Commerce Extérieur.
Il les publia avec la collaboration de Dominique Thibaudat en 1982 et conçut, avec Yves Boiret, un écrin à leur mesure au sein du musée.
Cette salle symbolise au Musée de Cluny l’action et la personnalité d’Alain Erlande-Brandenburg, à tel point qu’elle a été exclue de la rénovation muséographique que le musée entreprend actuellement.
L’âme de notre prédécesseur y restera encore longtemps et accompagnera les visiteurs dans leur découverte ou leur redécouverte de ces joyaux de la sculpture gothique.
Il fut également à l’origine du réaménagement de la salle de la Dame à la Licorne en 1992, qui se distingua en son temps par sa muséographie immersive et le souci du contrôle de l’apport de la lumière.

Sa carrière et sa bibliographie parlent pour lui. Alain Erlande-Brandenburg était un travailleur infatigable.
Toutes celles et ceux qui l’ont connu retiendront sa forte personnalité, exigeante et nourrie de convictions qu’il n’hésitait pas à défendre avec véhémence, son souci de la transmission auprès des plus jeunes, qu’il s’agisse des historiens d’art comme des restaurateurs, et l’importance qu’occupait dans son activité la recherche sur les œuvres et les bâtiments du Moyen Âge.
Il constitue pour les historiens et les conservateurs, un magnifique exemple à suivre.