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Vierge à l'Enfant |
Vierge à l'Enfant Paris, vers 1240-1250 Ivoire H.. 24 cm - D. 10 cm Cl. 23832 Dation, 2007
La statuette est pleine, taillée dans l'extrémité d'une défense d'ivoire de dimensions imposantes. Les yeux en amande, étrécis en partie basse par la paupière inférieure très gonflée, le travail du voile retombant en plis successifs, la position relative de la Vierge et de l'Enfant indiquent que, au sein de la production d'ivoires qui se développe en France à partir des années 1240, cette oeuvre appartient aux premiers temps. L'élégance générale, la qualité du traitement des drapés, le visage légèrement triangulaire de la Vierge et le léger sourire esquissé par ses lèvres, suggèrent le rapprochement avec quelques-uns des meilleurs témoignages du nouveau style développé sur les chantiers d'Ile-de-France dans les années 1240-1250 (Portail occidental de Rampillon, Portail du croisillon Nord du transept de Notre-Dame de Paris). Outre sa taille importante, sa date précoce et, surtout la qualité de son exécution et sa bonne conservation, cette oeuvre présente aussi l'intérêt de conserver d'importantes traces révélant qu'elle était ornée d'une très riche polychromie. Cet ivoire gothique d'une rare qualité d'exécution est sans équivalent dans les collections françaises.
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Crosse : l'Annociation |
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Crosse : l'Annonciation Limoges, deuxième quart du XIIIe siècle Cuivre champlevé, émaillé et doré H. 33 cm ; L. 15 cm Cl. 23833 Dation, 2007
Cette crosse en cuivre, découverte en 1868, provient de l'ancienne abbaye royale de Nieul-sur-l'Austise, en Vendée. Dérivée du bâton pastoral, la crosse était l'un des principaux insignes de la charge d'évêque ou d'abbé, qui les accompagnait fréquemment jusque dans leur tombeau. Le crosseron se distingue surtout par le sujet représenté dans la volute : l'ange et la Vierge, debout, se font face pour représenter l'Annonciation. La douille et la volute sont revêtues d'un motif réticulé émaillé de bleu profond, évoquant des écailles. L'enroulement, d'où s'échappe une tigelle portant un feuillage lobé, se termine également par une petite feuille gravée, de même type que la précédente. Le noeud est orné de serpents aux queues enroulées, tandis que quatre autres serpents stylisés, la tête vers le bas et la queue enroulée sous le noeud, flanquent la volute. La stylisation des figures de l'Ange et de la Vierge, dont les drapés relèvent encore des formes du premier art gothique, le dessin souple des feuillages, la crête aux petits crochets courts et arrondis, le motif réticulé entièrement émaillé de bleu, suggèrent de placer l'exécution de l'oeuvre vers 1220-1240. Rare exemplaire d'un type bien spécifique de crosses limousines, dont l'origine et l'histoire sont très précisément connues, cette oeuvre est un exemple très caractéristique de la production limousine des années 1220-1240, encore insuffisamment représentée dans les musées français.
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