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Trésor de Colmar : Fermail
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Fermail
2e quart du XIVe siècle
Argent doré, pierres précieuses (4 saphirs, 3 rubis, 2 grenats), perles (10)
H. 3,7 cm ; l. 3,7 cm Trésor de Colmar
Acq. , 1923 Cl. 20672
Autour de la pierre centrale, un grenat taillé à six faces, sont disposées des pierres plus petites et des perles, qui masquent la plaque en forme de rosace ajourée quadrilobée sur laquelle elles sont fixées. De tels "bouquets de pierres", illustrés dans les Chronica majora de Matthieu Paris (vers 1250, Londres, British Library), sont fréquents sur les bijoux des XIIIe et XIVe siècles. Le pourtour du fermail du trésor de Êroda Êlaska en est orné, ainsi que le centre d'un fermail du trésor d'Erfurt. Les inventaires des XIIIe et XIVe siècles mentionnent des fermaux à support géométrique et décor rayonnant de pierreries comparable à celui-ci, comme les exemplaires losangés du Bargello de Florence et du trésor du Dôme d'Udine. Ces derniers présentent les mêmes bâtes composées d'un bandeau et d'une cupule à bordure striée que celui du trésor de Colmar (dont la bâte centrale comporte aussi quatre griffes). Ce type de monture, permet de rapprocher ce fermail d'un groupe d'oeuvres datées des années 1320-1350 : ceinture de Blanche de Valois (1323), réemployée sur la couronne de saint Wenceslas (trésor de la cathédrale de Prague), couronne de Paraclet (trésor d'Amiens), fermail à fleur de lis du trésor de Saint-Denis (Paris, musée du Louvre), ou encore, en Rhénanie, le reliquaire de saint Siméon du trésor d'Aix-la-Chapelle ou le buste reliquaire de saint Jean-Baptiste du trésor d'Aachen-Burtscheid. Ce fermail, l'objet le plus luxueux du trésor de Colmar, est donc ainsi l'un des plus récents. Malgré l'origine parisienne de nombreux bijoux portant des bâtes "à cupule striée", la large diffusion de ces dernières en Europe ne permet pas de dire s'il s'agit d'une importation parisienne ou d'une fabrication rhénane.
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