Musée national du Moyen Âge - RMN
La vie quotidienne au Moyen Âge
 
Fragment d'une enseigne profane
à l'effigie de Du Guesclin

Fragment d'une enseigne 
profane à l'éffigie de
Du Guesclin

France, entre 1380 et
le début du XVe siècle Alliage de plomb-étain
H. 0,031 m ; L. 0,027 m Acq. , 1995
Cl. 23439

Sous les pieds de ce personnage en armure figure l'inscription "GLEKIN" qui permet d'identifier sans aucun doute le connétable Bertrand Du Guesclin.
Ce fragment peut être complété par un autre, publié en 1862 par Eugène Grésy (Mémoires de la société des Antiquaires de France, t. 5, p. 117-143), qui montre la partie supérieure de cet homme en armure, brandissant de la main droite une masse d'armes et portant un écu à une aigle bicéphale à la cotice accompagné en chef d'une fleur de lis, ce qui lève toute incertitude sur l'identité du personnage.

L'armure appartient à un type en usage de la seconde moitié du XIVe siècle au début du XVe siècle. L'enseigne à l'éffigie du connétable a sans doute été diffusée peu après la mort de Du Guesclin, le 13 juillet 1380 à Châteauneuf-de-Randon. Du Puy (où le corps fut embaumé) jusqu'à son arrivée à Saint-Denis (où il devait reposer), la dépouille fut accueillie avec déférence par les foules nombreuses. Ce type d'enseigne a également pu être arboré par le peuple parisien qui prit part au deuil général lors des funérailles solennelles. La popularité de Du Guesclin fut telle que l'enseigne put aussi être portée plusieurs années après sa mort : peut-être en 1389, lors des nouvelles grandes cérémonies de Saint-Denis, ou en 1407, par les Armagnacs.
Ce type d'enseigne commémorative n'est pas un exemple isolé : des pièces d'origine anglaise à l'image du Prince Noir apparaissent comme des souvenirs de funérailles de ce prince en la cathédrale de Cantorbéry (Londres, British Museum et Museum of London). 

 

 

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