Annonciation Normandie, vers 1490 Pierre (craie) ; restes de polychromie a. Gabriel : H. 93 ; L. 71 ; Pr. 36,5 cm b. Vierge : H. 98 ; L. 104 ; Pr. 36,5 cm Acquisition avec la participation de l'ARMMA 2004 Cl. 23796 a et b
Depuis le XIVe siècle au moins, la scène de l'Annonciation est représentée dans un cadre privé, intime, où, selon la tradition patristique occidentale, Marie médite sur un verset d'Isaïe au moment où Gabriel fait irruption. C'est cet instant, dans tout son dynamisme, que le sculpteur a ici voulu représenter, saisissant l'une, surprise, à peine retournée vers l'autre dont la génuflexion n'est encore qu'esquissée et dont, malgré la disparition des ailes, la position est particulièrment élancée et d'un équilibre précaire. Les importante traces de polychromie subsistantes témoignent, notamment, de l'utilisation d'une technique rarement conservée sur pierre, celle du brocard appliqué, décor estampé dans une épaisse couche de préparation qui témoigne de l'attention portée par le sculpteur au rendu des vêtements et à la richesse de leurs textures. Où se trouvait, à l'origine, cette oeuvre d'exception et comment était-elle présentée ? Il est encore difficile aujourd'hui de répondre à ces questions. Elle était adossée à un mur, légèrement en hauteur, mais était-ce dans une niche ou un enfeu, sur un tympan abrité par un porche ou dans un retable monumental ? Très proche du grand saint Michel de la collégiale de Blainville (Seine-Maritime), elle témoigne en tout cas de l'extrême qualité de la sculpture normande de la fin du Moyen Âge. Liée à la question de la provenance, l'identification du commanditaire est aussi délicate ; pourtant, bien peu de personnes semblent avoir été à même de commander pareille oeuvre dans la basse vallée de la Seine à cette époque.
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