Musée national du Moyen Âge - RMN
Sculpture gothique 
Christ des Rameaux

Christ des Rameaux
Allemagne du Sud
Dernier quart du XVe s. Tilleul polychrome H. 1,22 m; L. 1 m; Pr. 0,44 m
Ancienne collection W. Hoffstatter
Achat avec le concours de
l'Association pour le rayonnement
du Musée national du
Moyen Âge
(ARMMA)
Cl. 23799

Les représentations du Christ des Rameaux en ronde-bosse, placées sur des plateaux à roues et destinées à être déplacées lors de processions sont une des productions les plus caractéristiques et les plus remarquables des provinces du sud-ouest de l'Allemagne entre la fin du XIIe siècle et celle du XVIe siècle, la Réforme et la Contre-Réforme, selon les cas, ayant mis un terme à ces productions.

Au vu des premières analyses, l'oeuvre est formée de dix-sept pièces de bois : la planche et les quatre roues, les quatre pattes de l'âne, sa queue, ses oreilles, la main gauche du Christ, ses deux pieds et deux pièces plus importantes, l'une formant le corps de l'âne et la partie basse de celui du Christ, l'autre le torse et la tête. Ces deux pièces sont jointes par une troisième, de faible épaisseur. La queue de l'âne et la main gauche du Christ sont des pièces modernes, fixées par des vis intérieures. Les pieds étaient assemblés par des pointes, mais le système a été repris pour l'un d'eux. Les autres pièces étaient assemblées à l'aide de chevilles ou à tenon et mortaise. L'oeuvre, quoique fortement grattée et repeinte, conserve encore des îlots de polychromie originale (tête du Christ, revers de la robe, peut-être les carnations de la main droite et le galon et une partie du pelage de l'âne).

Le Christ est sculpté de manière nerveuse et incisive, conférant à la pièce une majesté qui vient compenser le caractère un peu pataud de l'âne. L'entrée de cette oeuvre dans les collections du musée national du Moyen Âge permet d'évoquer l'une des formes les plus remarquables de la piété médiévale, l'utilisation de sculptures animées pour mettre en scène certaines parties de l'histoire sainte, notamment autour du cycle de Pâques. Attestée dès le IVe siècle à Jérusalem, la procession du dimanche des Rameaux prend une nouvelle dimension au Xe siècle, lorsque, comme en témoigne la vie d'Ulrich, évêque d'Augsbourg, les clercs y introduisent un nouvel élément, une sculpture représentant le Christ assis sur son ânon, posé sur un char ou des roues, que l'on accompagne en procession d'une église, assimilée au mont des Oliviers, à une autre, assimilée au Saint-Sépulcre, destination des processions hyérosolomitaines. Si les plus anciens exemples, dont celui de Steinen au musée national suisse de Zürich, remontent au XIIe siècle, la plupart de ceux qui sont conservés appartiennent à la même période que celui que vient d'acquérir le musée, XVe et début XVIe siècle.

 

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