 |
|
Verrière-tapis à feuilles d'érable et Crucifixion, Vallée du Rhin, vers 1330
|
 |
Verrière-tapis à
feuilles d'érable et Crucifixion
Vallée du Rhin, vers 1330
Vitrail H. 0,85 m ; L. 0,35 m
Proviendrait d'une église de Colmar (?) Don Montreuil, 1899
Cl. 13747
La vallée du Rhin connaît, à la fin du XIIIe et au début du XIVe siècle, un réel essor économique et urbain. Le renouveau de la piété se révèle alors créateur d'une intense activité constructive. C'est le temps des églises-halles aux hauts choeurs et vastes nefs, dont les nombreuses et immenses baies sont à l'origine d'un vaste mouvement de mise en verrières. Aux cisterciens succèdent les ordres mendiants, tournés vers les fidèles des villes auxquels ils recommandent la pratique d'une piété plus personnelle. Sans adopter l'austérité cistercienne absolue, le chapitre général des franciscains de Narbonne (1260) prescrit cependant l'interdiction de toute figuration, mise à part le Christ en croix entouré des saints pour les fenêtres de choeur. De telles recommandations ont commencé par favoriser l'implantation de baies en grisaille blanche. Dès 1280-1300, on note cependant un retour des teintes soutenues, rouges et bleues, comme à la cathédrale de Strasbourg. Le XIVe siècle est le temps des vitraux saturés de couleurs qui exploitent la haute qualité des verres plaqués "germaniques". Jouant sur une ornementation naturaliste, ils la déclinent à grande échelle, d'où leur nom de verrières-tapis. Environnée d'un décor de feuilles d'érable, sous un tabernacle et un gâble architecturé, apparaît la scène figurée du Christ en croix auquel s'intègre un religieux donateur non identifié. La répétition des mêmes thèmes décoratifs et figuratifs dans la vallée du Rhin – ne citons que la verrière d'axe du choeur de Mutzig – augmente la difficulté d'attribution. D'après une photographie antérieure à 1899, ce vitrail se serrait trouvé dans l'église des Dominicains de Colmar, mais les baies de cet édifice sont trop larges pour avoir pu l'accueillir et l'église possède déjà un vitrail avec un Christ en croix. Selon d'autre sources, il pourrait provenir de l'église des Franciscains, mais ni l'habit blanc du donateur, ni l'échelle des motifs de feuilles d'érable, très réduites comparativement à ceux encore en place, ne plaident en faveur de cette thèse. Des panneaux ornementaux équivalents sont également conservés à Brandenburg (cathédrale) ou au musée de Nuremberg, mais ce sont ceux du musée de Munich, dont la provenance n'est pas assurée (Colmar, église des Franciscains?), qui suivent un modèle identique. Nous retiendrons que cet ensemble de vitraux relève d'un vocabulaire de motifs commun, à quelques variantes près, aux ateliers de peintres-verriers des deux côtés du Rhin. Il reste l'un des plus beaux exemples conservés.
|