Musée national du Moyen Âge - RMN

 

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2009

 


Bague à édicule mérovingienne
© RMN / Stéphane Maréchalle

Bague à édicule mérovingienne

Gaule
VIe siècle
or
H. 2,1 cm, diam. 1,86 cm
Cl. 23853

Le musée de Cluny conserve une collection de parures offrant un panorama des formes et des techniques de l’orfévrerie en Gaule aux VIe et VIIe siècles. Découverte en 1884 au pieds des monts du Forez (Loire), cette « bague à édicule » vient donc compléter l’ensemble des bijoux de la salle dite « du trésor » du musée de Cluny.

Elle présente un jonc plat, filigranné, supportant une base carrée sur chaque côté de laquelle est monté en filigrane un édicule à deux arcatures. Une bâte sommitale vide devait sertir une pierre, peut-être un grenat. D’une typologie rare, cette bague, comme les épingles à édicules, illustre la complexité des influences de création au haut Moyen Âge. Elle est en effet un précieux témoignage d’un art de l’orfévrerie mérovingien rompant avec la tradition antique mais n’étant pas fermé à l’influence des ateliers de Constantinople. L’absence de tout symbole chrétien sur ces bijoux, découverts en contexte de parures de défuntes, incite en revanche à la prudence pour toute comparaison avec des représentations d’édifices religieux offrant une correspondance formelle avec le petit édicule

 

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bague ottonienne
© RMN / Stéphane Maréchalle

Bague ottonienne

Empire germanique
fin du Xe- première moitié du XIe siècle (et adjonctions tardives ?)
Or, émail bleu, rouge, vert, blanc
H. 2,2 cm, diam. 2,15 cm
Cl. 23854

L’autre bague acquise par le musée, également en or, est enrichie d’un disque en émail cloisonné. Cette bague est probablement un remontage d’éléments anciens, hormis les amas de petites sphères, sans doute modernes. Le boîtier et l’anneau ornés de granulations sont proches de bijoux exécutés dans l’Empire à la fin du Xe ou au début du XIe siècle.

Le disque émaillé, d’une grande finesse, relève d’un type d’émail aux motifs floraux et géométriques qui se rencontre fréquemment dans l’orfèvrerie ottonienne ("Townley brooch"), influencée plus ou moins directement par l’art byzantin. Inhabituelles sur des bagues, de telles plaquettes, de formes variées, rehaussent de nombreuses oeuvres d’orfèvrerie religieuse des empires ottonien et salien, entre la fin du Xe et le milieu du XIe siècle (pied reliquaire de saint André, croix de l’abbesse Théophano…). L’émail du chaton est peut-être un remploi d’une telle plaquette émaillée.

Les émaux cloisonnés de cette époque, qui sont aujourd’hui d’une extrême rareté, entrent avec cette bague dans les collections du musée.

 
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Tête barbue vue de trois-quarts
© RMN / Jean-Gilles Berizzi

Cinq éléments de vitraux

Verre blanc, peint à la grisaille, plomb

-Tête féminine de trois-quarts
France
XIIe ou début du XIIIe siècle
H. 6,5cm, L. 6 cm
Cl. 23850

-Profil d’homme imberbe
Angers, cathédrale, ou Poitiers, cathédrale,
vers 1190-1210
H. 11,5 cm, L. 10 cm
Cl. 23848

-Tête d’un garde / Tête de saint Vincent
Paris, Abbaye Saint-Germain-des-Prés
vers 1245-1247
H. 6,5 cm, L. 6 cm
Cl. 23849
H. 9 cm, L. 8 cm
Cl. 23851

-Tête barbue vue de trois-quarts
France
milieu du XIIIe siècle
H. 11 cm, L. 8 cm
Cl. 23847

Collectionneur et marchand, le peintre-verrier Michel Acézat avait réuni un important ensemble de vitraux. Dina Vierny (1919-2009) en avait acquis plusieurs lots, lots qui ont été remis en vente en 2009, à Chartres. Cinq têtes ont été préemptées par le musée de Cluny.

Les traits effacés de la tête féminine, dont la particularité est son absence de menton, empêchent une interprétation assurée. Le tracé épais, la chevelure en casque, renvoient à un vitrail du XIIe ou du début du XIIIe siècle.

De profil, dessinée à traits sûrs, la tête imberbe se caractérise par son oeil immense et un nez droit. Un lavis passé à l’aide d’un pinceau large se charge de rendre un peu de volume au niveau de l’arcade sourcilière et du départ du cou. Le style efficace mais archaïque appartient au Maître de saint Martin de la cathédrale d’Angers (vers 1190-1210), qui a également eu une influence à Poitiers. Cette tête (de bourreau ?) provient de l’une ou l’autre cathédrale.

Deux têtes ont été retirées d’un même panneau de la baie de Saint-Vincent, autrefois dans la chapelle de la Vierge aujourd’hui détruite, de l’abbaye Saint-Germain-des-Prés, à Paris (1245- 1247). L’une représente le diacre tonsuré, l’autre le garde qui le mène en prison, reconnaissable à son profil hérissé et à son front écourté par le bâton qu’il brandit. Les visages sont expressifs, leur facture linéaire est pleine d’autorité.

Aucune proposition précise ne pourra être faite pour la dernière tête, barbue et vue de trois-quarts. D’une beauté classique - qu’elle montrera avec plus d’évidence après le retrait des plombs de casse qui lui lacèrent le visage -, avec ses sourcils horizontaux, ses yeux en amande effilée dont la paupière inférieure horizontale est doublée d’un fin trait parallèle, avec sa barbe bouclée, elle est datable du milieu du XIIIe siècle.

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Vue des thermes
©
RMN / Jean-Gilles Berizzi

Vue des thermes
 

Pierre-Achille Poirot (1797-1855)
Vue de la grande salle du palais des Thermes
Paris
1845
Huile sur papier vergé marouflé sur toile, cadre en bois doré.
H. 0,275 ; L. 0,335
Cl. 23846

Exposé au Salon de 1845 sous le numéro 1357, ce petit tableau montre l’intérieur du frigidarium depuis l’ouest. Pierre-Achille Poirot, peintre spécialisé en scènes d’architecture, donne ici une représentation importante à plus d’un titre pour l’histoire du musée.

Peinte peu de temps après l’ouverture du musée de Cluny au public le 17 mars 1844, cette œuvre est au premier chef une transcription remarquable de la muséographie originelle de la grande salle des thermes agencée en dépôt lapidaire. Le Pilier des Nautes et le Pilier de Saint-Landry, encore présentés en place, côtoient des statues provenant de Notre-Dame découvertes en 1839. Cette œuvre, quoique de petite dimension, brosse également un état fidèle de la voûte du frigidarium avant son encrassement, en transcrivant avec précision les différentes plages d’enduit antique subsistantes, jaunes, roses et beiges, que la récente restauration a retrouvées. Enfin, en plaçant sa composition dans un temps médiéval imaginaire et indéfini, comme en témoignent les moines et, à l’arrière plan, les dames en hénin, Achille-Pierre Poirot livre autant un témoignage archéologique précis du monument-musée dans son état en 1845 qu’une illustration du goût médiéval au milieu XIXe siècle.


 

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