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Coffret : Assaut du château d'amour

Réalisé aux alentours de 1310, ce magnifique coffret est composé de cinq plaques d’ivoire d’éléphant sculpté. Celles-ci représentent un florilège de scènes plus ou moins célèbres issues de l’univers romanesque médiéval et des thèmes de l’amour courtois.
À l’usage des élites sociales dont le mode de vie est encore largement itinérant, les coffrets servaient à ranger bijoux, missives ou divers petits objets précieux.

La plaque principale qui forme le couvercle est consacrée au thème allégorique de l’assaut du château d’amour. Cette scène se divise en trois parties. Au centre, deux chevaliers s’affrontent dans une joute sous le regard des dames pour qui ils combattent. À droite, des femmes défendent le château en décochant des fleurs aux assaillants, tandis que ceux-ci s’apprêtent à envoyer un panier de fleurs sur le château à l’aide d’un trébuchet. À gauche, un amant enlève sa bien-aimée et le couple prend la fuite par bateau.

L’origine de cette histoire est incertaine. En effet, on n’en connaît ni version littéraire ni équivalent enluminé. Cependant, le Roman de la Rose (vers 1230-1280), véritable manuel d’amour courtois, établit dans sa deuxième partie un parallèle entre la conquête de la femme aimée et l’assaut d’un château.
Le thème de l’assaut du château d’amour sur les ivoires de la première moitié du 14e siècle fait ainsi le lien entre le monde des romans de chevalerie et l’univers allégorique de l’amour courtois, tel que décrit dans le Roman de la Rose. Le coffret est dit composite, car les thèmes des plaques latérales sont tirés de sources littéraires différentes. On trouve des épisodes du Conte du Graal, de l’histoire de Gauvain, de celle de Lancelot, du roman de Tristan et Yseult.

Ce chef d’œuvre est un parfait exemple de l’art des ivoiriers parisiens, qui atteint son apogée au tournant des 13e et 14e siècles. À cette époque, l’approvisionnement en ivoire est régulier, ce qui permet une production importante. L’ivoire est alors un matériau précieux, si bien que les pièces d’ivoires sont traitées à l’égal de l’or ou des pierreries dans les comptes et les inventaires.

Sous le règne de Philippe le Bel (1285-1314), les nombreuses commandes royales, princières et ecclésiastiques suscitent le développement d’un milieu artistique de qualité, tandis qu’une clientèle de riches bourgeois se constitue parallèlement. À la même époque, l'ivoirerie profane est en plein essor et les thèmes de l’amour courtois et des romans de chevalerie y sont particulièrement à l’honneur.

Le style déployé sur les plaques de ce coffret s’inscrit dans un art qui puise ses racines dans celui du temps de saint Louis (1226-1270), mais qui recherche davantage de souplesse, de raffinement et de préciosité, et qui privilégie une narration vivante volontiers anecdotique. Le traitement des vêtements, souples et fluides, les visages menus aux yeux en amande et les coiffures rondes garnies de boucles courtes sont typiques de cette période.
On peut enfin observer une certaine communauté de style avec les sculptures de la priorale Saint-Louis de Poissy, fondée par Philippe le Bel en l’honneur de son grand-père canonisé en 1297.

Bien d'intérêt patrimonial majeur acquis en 2007 par l'État pour le musée de Cluny grâce au mécénat de Groupama et avec le soutien de la Société des Amis du musée de Cluny.

N° Inventaire : Cl. 23840
Hauteur : 9,7 cm
Largeur : 25,7 cm
Profondeur : 16,7 cm
Lieu de production : Paris
Œuvre incontournable

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