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En route vers Cluny 4 : paroles d’agents

 

Depuis 2015 et jusqu’en 2020, le musée de Cluny est engagé dans un vaste projet de modernisation. Restaurations, nouveau bâtiment d’accueil, refonte des parcours de visite et de la scénographie… autant de chantiers qui bouleversent l’expérience de visite, mais aussi le travail de tous ceux qui y œuvrent au quotidien.

Nous avons recueilli leurs témoignages, souvenirs et autres anecdotes, car en ce moment au musée "c’est un peu tous les jours mardi" (Rachel B.-D., régie des œuvres). 
Qu’est ce que Cluny 4 change dans leur quotidien ? La parole est aux agents.

 

 

 

Ça fait 20 ans qu’[on] entend parler du Grand Cluny. (Christelle C., service communication)
On voit aboutir un projet qui mûrit depuis des années et qui va permettre de rétablir un parcours muséographique cohérent, chronologique, de moderniser tout ça. (Alain D., régie des œuvres).

 

De 2015 à 2017, le musée est resté ouvert malgré les travaux.

On accueillait du public tout en ayant des travaux en cours et [il fallait] donc veiller à ce qu’il n’y ait pas d’interférence pour qu’on puisse continuer à être un établissement recevant du public tout en ayant un chantier très, très proche. (Marie-France C., secrétariat général)
Je disais à chaque fois aux visiteurs : "Attention, vous ne verrez plus le musée tel qu’il est aujourd’hui. Donc, si vous avez envie de voir la vieille version, c’est maintenant. Et en général, oui, ils entraient. Je leur disais ‘’C’est marrant quand même de voir l’ancienne version, si vous ne l’avez jamais vue avant, pour ensuite comparer. Se dire, j’ai mis le pied dans l’ancien Cluny.’’ (Bernadette B.-U., service surveillance)

 

Puis, au printemps 2018, avec la fermeture au public, les salles du musée se sont progressivement vidées. Un musée sans œuvres et sans public, ce n’est pas courant.

On est toujours dans la vigilance pour vérifier que tout se passe bien dans les mouvements d’œuvre. On n’a plus de public mais on a des ouvriers partout. (Sandrine V., service surveillance)
Ça change beaucoup, beaucoup de choses pour ma vision du musée. Voir des salles vides, pour moi, c’est… Je n’ai jamais assisté à un déménagement de musée, pour moi ça ne pouvait pas exister. Et de voir des salles vides, ça m’a perturbé. (Axel V., secrétariat général).
On nous retire aussi nos compagnons silencieux, c’est-à-dire les œuvres. Moi, je passe du temps à regarder une œuvre et maintenant il n’y a plus que les murs ! Alors, les murs sont beaux mais les œuvres aussi me manquent un petit peu. (Bernadette B.-U., service surveillance).
Quand on descendait des bureaux dans la cour de l'hôtel, on croisait les visiteurs. C'était toujours sympa de voir leurs réactions, d'entendre ce qu'ils avaient pensé de la visite. (Élise G., service communication)
La fermeture de la librairie est une difficulté pour moi, elle permettait d'aller régulièrement acheter des petits cadeaux, des cartes postales, j'attends la réouverture... (Béatrice de C.-B., conservation)
C’est vrai que quasiment tout le temps il y a des gens devant la porte et tu dois leur dire que s’ils peuvent revenir en juillet c’est bien, qu’ils peuvent revenir en 2020 c’est encore mieux. (Kévin H., service financier)

 

Une période de transition qui a aussi ses avantages.

Pour la période de fermeture, ce qui est pas mal, c’est que pour notre service à nous, on se découvre un peu autrement. Le week end normalement on ne peut pas lire. Là, on fait des échanges de livres, des conseils de lecture, on a une collègue qui fait du crochet etc. C’est bien ! On se connaît, mais on va se connaître mieux. (Bernadette B.-U., service surveillance)
Je trouve que c’est formidable, je peux garer mon vélo sous les arcades. (Alain D., régie des œuvres)
Entrer dans le musée totalement vide, avec juste les bruits alentour, c’est un super souvenir. Avec le bruit du parquet qui craque, etc. (Lélia O., service communication)
C’est intéressant de suivre le chantier. Comme ça, c’est un peu le bébé de tout le monde. (Amandine D., service culturel)

 

Progressivement, les travaux avancent et déjà se profile le nouveau musée.

C’est un immense changement, un grand chambardement. Puisque tout est refait, le musée prend un peu plus d’ampleur. Il y aura tout à réapprendre : la localisation, les techniques pour l’ouverture, même les cheminements. C’est une belle opportunité. (Rachel B.-D., régie des œuvres)
Ça va malicieusement désorienter les agents du musée. Ça va casser la routine. Une désorientation géographique, une désorientation des collections, qui vont changer de place. (Marc J., service surveillance)

 

L'accessibilité des lieux, voilà l'objectif premier du chantier. Et cette accessibilité, pensée en priorité pour les visiteurs, bénéficiera aussi aux agents.

Ma mère a des problèmes de mobilité. La dernière fois qu’elle est venue au musée, elle n’a pas pu tout visiter. Elle n’a pas pu monter à l’étage. Ce qui est génial avec Cluny 4, c’est que la prochaine fois qu’elle viendra, elle verra tout. Et la Dame à la licorne, qu’elle aime beaucoup.  (Amandine D., service culturel)
Cluny, c’est le musée des escaliers ! Les ascenseurs vont changer les choses pour les transporteurs, qui connaissent par cœur le musée. (Alain D., régie des œuvres)
 Cluny 4 c’est vraiment une mise à niveau de l’établissement. À savoir que la "belle endormie" qu’était le musée, c’était touchant, mais qu’il n’est plus possible de recevoir des publics dans des conditions telles que nous les avons connues. (Marie-France C., secrétariat général)

Avec un nouveau parcours chronologique, c’est tout le musée qui se réinvente.

Tant pour les visiteurs finalement que pour les personnels ce sera un nouveau musée. Ça changera les possibilités d’accès aux collections. Par le passé on avait un parcours unique, traversant l’ensemble des salles, donc là ça va multiplier les points d’accès, avec le parcours antique et puis le parcours médiéval. (Marie-France C., secrétariat général)
Le nouvel accueil est situé sur les vestiges. Du coup, on réintègre complètement la partie antique dans le parcours de visite. C'est stratégiquement très important pour resituer le musée [...] à l'origine de l'histoire de Paris. (Élise G., service communication)
Un nouvel élan mais dans la continuité en fait parce que j’ai l’impression que le musée, au niveau architectural, c’est plusieurs bâtiments, de plusieurs époques différentes et celui-ci rentre un peu dans le mouvement. (Kévin H., service financier)
Je pense que c’est à la fois son point fort et son point faible, c’est qu’[il] avait un cachet. C’était un peu resté dans son jus. (Rachel B.-D., régie des œuvres)

 

Et tous attendent avec impatience le nouveau Cluny !

Une meilleure lisibilité pour tous, pas seulement pour les personnes à mobilité réduite mais pour tous les publics. (Lélia O., service communication)
Pour les gens qui ne connaissent pas vraiment le Moyen Âge, on leur facilite le travail en présentant les choses de manière chronologique. Je trouve que c’est une belle ambition. (Cécile A., service communication)
Voir se concrétiser [Cluny 4], c’est très positif parce que ça permet de refaire un parcours plus cohérent, d’être plus visible, et je pense que ça va être une façon aussi de redonner un peu d’éclat au Moyen Âge. (Sandrine V., service surveillance)